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Samedi 4 novembre 2006

Une notion clé pour comprendre le milieu gothique...à travers sa dimension esthétique

L’ouvrage paru aux Editions Le Manuscrit s’appuie exclusivement sur le mémoire de maîtrise. Cette première approche qualifiée d’exploratoire décrivait le milieu gothique dans sa globalité : son émergence dans les univers culturels de jeunesse et ses différentes expressions actuelles. L’objet était d’expliquer le processus par lequel un individu s’engage dans la culture gothique et participe, aux côtés de ses pairs, à la construction de nouvelles formes de sociabilités autour du fait musical et culturel. Culture de distinction plus que mode adolescente, l’univers gothique devient intéressant à observer quand il reflète ou fait écho à divers aspects de la société dans son ensemble : dans son rapport au corps (un corps exalté par notre économie médiatique et publicitaire), à travers la place de la culture et la place de l’individu dans une société à la fois individualiste (perte de contrôle social), présentéiste (culte de l’instant présent, absence de perspective à long terme) mais de plus en plus réflexive (une société capable de se penser elle-même). Le sujet fût alors traité sous l’angle assez classique d’une sociologie de la culture et de la déviance.

En DEA, à l’université de Lille 1, j’ai poursuivi l’étude de ce mouvement en me centrant davantage sur la notion d’expérience esthétique. Cette fois, je pris appui sur la sociologie de l’art et l’anthropologie des émotions. L’objet de ma recherche était de décrire comment se forge la « sensibilité gothique » ou plus exactement comment se constituent les goûts esthétiques des participants de ce milieu en matière d’art, de pratiques culturelles, mais aussi d’expression corporelle. Si le plaisir esthétique est vécu individuellement, il aboutit, par une série de processus, à la formation d’un jugement esthétique partagé. Voici quelques références bibliographiques qui ont été utiles à mon travail de recherche : 

 

· BECKER, Howard S., 1982, Les Mondes de l’art, Paris, Flammarion, 1988.

· BOUVERESSE, Renée. 1998. L’expérience esthétique, Armand Collin.

· HEINICH, Nathalie, 1998, Ce que l’art fait à la sociologie. Les Editions de Minuit.

· LE BRETON, David : 1998. Anthropologie des émotions, Les passions ordinaires. Armand Colin.

· MAFFESOLI. 1990. Au creux des apparences. Pour une éthique de l’esthétique. Plon. « livre de poche », Biblio essais.

· MICHAUD, YVES. 1999. Critères esthétiques et jugement de goûts. Rayon art. Editions Jacqueline Chambon

· MOLINIE Georges. 1998. Sémiostylistique. L’effet de l’art. Formes sémiotiques. PUF.

· PANOFSKY, Erwin, 1995, L’œuvre d’art et ses significations, Paris, Gallimard, 1969.

· PAVIS, Patrice. 1996. L’analyse des spectacles. Nathan université, fac. Arts du spectacles.

· PEQUIGNOT, Bruno, 1993, Pour une sociologie esthétique, Paris, L’Harmattan, Logiques sociales.

 

Les textes qui vont suivre traitent de cette notion d'expérience esthétique et sont pour la plupart extraits de mon mémoire de DEA.

Par Antoine D. - Publié dans : milieugothique
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